Sahel : la France prévient du risque d’invasion de l’Etat islamique

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En cas de chaos sur la bande sahélienne, les Etats de la région s’exposent à une invasion du groupe Etat islamique, a prévenu le chef d‘état-major de l’armée française François Lecointre. Dans un entretien avec la chaîne France Info, le général français définit l’année 2020 comme « une année charnière » durant laquelle se jouera « l’avenir du Sahel ». « Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste », a-t-il prévenu.

À titre de prévention, la France s’apprête « à passer à la vitesse supérieure » au Sahel, a annoncé le chef d‘état-major français sans fournir davantage de détails. Pour le site Ouest France, il pourrait s’agir de l‘éventualité d’un déploiement des forces spéciales européennes qui viendraient ainsi en appui aux 4 500 hommes de la force française Barkhane et aux armées nationales, parfois à la peine face à l’ampleur des attaques djihadistes.

Toutefois, nuance le général Lecointre, la seule présence militaire ne peut suffire à éradiquer la nébuleuse djihadiste dans la région du Sahel. Il faudrait par ailleurs y associer une solution politique initiée par les gouvernants, mais aussi par l’ensemble de la communauté internationale, a-t-il ajouté.

Une prise de position qui semble devancer celle du chef d’Etat français Emmanuel Macron qui avait, au lendemain de la mort « accidentelle » de treize soldats français au Mali, laissé suggérer une redéfinition des engagements de la France au Sahel.

Sommet de Pau

« Nous devons, dans l’immédiat, requalifier le cadre et les conditions politiques de notre intervention au Sahel, en premier lieu auprès des cinq pays africains membres du G5 du Sahel », avait averti Emmanuel Macron, dénonçant ainsi un présumé sentiment anti-français dans certains pays du Sahel. « J’ai besoin de ces clarifications pour continuer à maintenir la présence française », avait-il insisté sur un ton ferme.

Ce sermon du président français a d’ailleurs donné lieu à l’organisation d’un sommet extraordinaire à Pau, ville où étaient basés les treize soldats tombés au Mali. Ont notamment été conviés les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel – Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, Roch Marc Christian Kabore du Burkina Faso, Mahamadou Issoufou du Niger et Idriss Déby du Tchad ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki et des dirigeants européens ont également reçu l’invitation.

Initialement prévu le 16 décembre, le sommet de Pau a été reprogrammé au 13 janvier à la suite d’une attaque survenue au Niger dans laquelle ont péri 71 soldats mardi 10 décembre. La pire attaque qu’ait connue l’armée nigérienne depuis le début de l’insurrection djihadiste en 2015.

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