La morosité économique étouffe les populations et engraisse les banques

Les banques et établissements financiers du Sénégal continuent d’afficher une bonne dynamique haussière. Au cours du premier semestre 2019, leur total bilan s’est établi à fin juin 2019, le total bilan du système bancaire s’est établi à 7 378,7 milliards contre 7 249,8 milliards en décembre 2018, soit une progression semestrielle de 1,3% en annuelle de 9,1%.

Les trois holding financières et les 29 établissements de crédit répartis entre 25 banques et 4 établissements financières se portent bien. Le secteur bancaire malgré un environnement économique peu prospère continue pourtant de tirer son épingle du jeu. Cette bonne dynamique a été confirmée par le Directeur national de la Bceao pour le Sénégal, Ahmadou Al Aminou Lo qui rencontrait hier les directeurs généraux des établissements de crédit de la place dans le cadre de leur rencontre trimestrielle. Le total bilan du système bancaire s’est établi en fin juin 2019 à 7 378,7 milliards contre 7 249,8 milliards en décembre 2018, soit une progression semestrielle de 1,3% en annuelle de 9,1%.

Cette situation est consécutive à l’accroissement des encours nets de crédits à la clientèle de 180,5 mil- liards (+4,1%), atténué par le repli des titres détenus par les banques sénégalaises (-11,3 milliards)’’. L’état de l’activité des banques est restée sur une dynamique haussière au cours du premier semestre 2019, mais, la Bceao a relevé qu’elle est toutefois, ‘’à un rythme moins soutenu que le semestre précédent.

Cette tendance haussière n’a pas épargné les dépôt et emprunts, a aussi signalé ladite institution. Selon elle, ‘’ils sont évalués à 5, 031 milliards en juin 2019 contre 4 829,7 milliards en décembre 2018. Soit une hausse de 201,7 milliards (+4,2%). Ils sont répartis entre les dépôts à vue (2 852,5 milliards ; +6,1%) et les dépôts à terme (2 178,9 milliards)’’. Concernant, les capitaux propres et ressources assimilées, ils sont restés quasiment stables avec une légère augmentation de 0,6 milliard passant de de 701,1 milliards en décembre 2018 à 701,7 milliards en juin 2019.

Cela, compte non tenu des affectations des résultats de l’exerce 2018, indique ladite note. Il a été relevé, par la Direction nationale pour le Sénégal de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qu’à fin juin, le nombre de comptes bancaires de la clientèle est en hausse de 3,7%. Il se chiffre à 1 885 479 contre 1 817 728 en décembre 2018. Une situation qui, selon ladite direction nationale, révèle un taux de bancarisation qui est aujourd’hui à 21,1% en juin 2019.

Eco entrera en graduation

Par ailleurs, interpellé sur le changement de monnaie de Cfa à Eco, le Directeur national de la Bceao Sénégal M. Lô informe que son entrée se fera dans une ap- proche graduelle. « Sur le Franc Cfa et Eco, je ne peux en dire plus que ce que vous avez pu connaitre à l’issue de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est réunie à Abuja en fin juin (…).

L’Eco se fera avec une approche graduelle (cela figure dans le communiqué des deux instances) avec les pays qui respectent les critères de convergence. A partir de 2020, les pays qui respecteront les critères de convergence peuvent démarrer l’Eco. Aujourd’hui le taux d’échange de l’Euro par rapport au Franc Cfa est de 655,957. Et si les chefs d’Etat décidaient l’année prochaine de changer le Franc Cfa en Eco parce que nous avons respecté tous les critères de convergence, ce taux ne changerait pas dans l’immédiat» a-t-il expliqué. Vers un apurement de la dette intérieure

Autre bonne nouvelle pour les entreprises à qui l’Etat doit de l’argent, le boss de la Bceao au Sénégal a informé que les autorités publiques ont pris l’engagement d’apurer la dette intérieure. « La perspective que nous avons du côté de la Bceao et du côté des banques, c’est de noter l’engagement que l’Etat a pris en ce qui concerne cette question de dette intérieure. Et étroitement, avec le ministère en charge des Finances et avec le système bancaire, notamment l’Association professionnelle des banques et établissement financiers, nous avons salué les mesures qui ont été annoncées» fait-il savoir. Il a estimé que ces mesures sont de nature, effectivement, à permettre au système bancaire, de continuer à jouer son rôle de financement des économies.

L’Etat en est conscient, il ressort clairement que les relais de la croissance, devrait passer par le secteur privé. Et si c’est le secteur privé, cela ne peut être que par le biais essentiellement du finance- ment bancaire. Mais c’est un élément qui est particulièrement suivi. Et nous ne pouvons que saluer la décision qui a été prise par l’Etat du Sénégal, tant dans le cadre du budget 2019 que du budget 2020.

Le Témoin

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