Chelsea, Strasbourg : comment BlueCo a perdu près de 2 milliards d’euros

En France, la pilule BlueCo ne passe plus, surtout en Alsace. Pour les supporters de Strasbourg, le sentiment d’être devenus un simple club satellite de Chelsea commence à faire grincer des dents. Les récentes pertes de Mamadou Sarr et Liam Rosenior, conjugués aux pertes futures d’Emmanuel Emegha et Valentin Barco ont le don d’agacer au plus haut point les observateurs du football français. Dans la lignée de ce ras-le-bol de plus en plus prenant en Alsace, certaines nouvelles informations venues d’outre-Manche ne devraient pas rassurer pour l’avenir de la filiale de BlueCo et, in fine, de l’avenir immédiat de Strasbourg.

BlueCo perd 12 millions d’euros par semaine !

En effet, des chiffres venus d’outre-Manche ne devraient pas rassurer à Londres et en Alsace. Le dépôt des comptes de BlueCo 22 pour l’exercice 2024-2025 révèle un désastre financier sans précédent pour la filiale qui gère Chelsea et Strasbourg, et qui aspire à enrôler River Plate dans les prochains mois. Ce modèle multi-clubs affiche une perte record de 723 millions d’euros sur un an. Depuis le rachat de Chelsea en 2022, les pertes cumulées atteignent 1,92 milliard d’euros, soit un déficit vertigineux de 12 millions d’euros chaque semaine. Au niveau opérationnel, Chelsea présente un bilan tout aussi alarmant.

Malgré un chiffre d’affaires de 564 millions d’euros, le club enregistre une perte avant impôts de 301 millions d’euros. L’expert Kieran Maguire met en exergue et affirme qu’en excluant les ventes et les achats de joueurs, Chelsea a dépensé 419 millions d’euros de plus qu’il n’en a générés. Ce déficit au quotidien prouve que les revenus naturels (billetterie, droits TV, commerce) n’arrivent clairement plus à couvrir les coûts du club, piégé par des dépenses devenues incontrôlables selon les médias anglais. Acculé par une masse salariale de 431 millions d’euros et une charge d’amortissement des contrats de 257 millions d’euros, Chelsea est incapable de financer son train de vie sans une perfusion permanente de ses actionnaires.

Strasbourg est en danger avec une dette de 1,67 milliard d’euros du groupe

Epinglé à de nombreuses reprises par le fair-play financier, Chelsea a été sanctionné d’une interdiction de recrutements d’un an avec sursis. Pour ne pas être banni par les gendarmes financiers, BlueCo a fait un micmac qui a fait polémique en Angleterre. En effet, pour percevoir de l’argent et des bénéfices sur cet exercice, le groupe BlueCo a vendu l’équipe féminine des Blues à une entité sœur du groupe pour 240 millions d’euros, alors que ses revenus ne dépassent pas les 13,8 millions d’euros. Ce tour de passe-passe a permis d’injecter des profits artificiels dans les colonnes du club masculin pour compenser ses pertes. Rien d’illégal, mais une manœuvre qui a suscité plusieurs interrogations en Angleterre.

En France également, Strasbourg est en danger face aux dépenses incontrôlables de son groupe. Avec une perte de près de 79 millions d’euros comme l’explique le bilan comptable, due notamment à des revenus TV en chute libre, Strasbourg est menacé par la dette colossale de son groupe. En effet, pour rester viable et générer de l’argent, BlueCo est aujourd’hui assis sur une véritable bombe à retardement avec une redevance totale de 1,67 milliard d’euros. Le danger vient particulièrement des prêts PIK (Payment-In-Kind, ndlr), un mécanisme dangereux où les intérêts de 11,5 % ne sont pas remboursés immédiatement, mais s’ajoutent au capital. Résultat ? La dette gonfle toute seule, comme une boule de neige, affichant 223 millions d’euros de hausse en un an sans même avoir contracté de nouveaux emprunts. Avec ces créances majuscules qui s’accumulent, Chelsea et Strasbourg sont en grand danger pour leur avenir…

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