CAMEROUN: LE JOURNALISTE AHMED ABBA CONDAMNÉ À 10 ANS DE PRISON BIENTÔT LIBÉRÉ

0
Le journaliste camerounais, Ahmed Abba, emprisonné depuis dix ans pour avoir pris contact avec le groupe militant islamiste Boko Haram, va bientôt recouvrer la liberté. Cette libération intervient après qu’un tribunal ait réduit sa peine jeudi, a déclaré son avocat.

Jeudi 21 décembre, le correspondant en langue haoussa de Radio France internationale (RFI) au Cameroun arrêté en juillet 2015, a été condamné en appel à deux ans de prison par le tribunal militaire de Yaoundé. « Il a été condamné à vingt-quatre mois, c’est-à-dire en deçà du temps qu’il a passé en prison [vingt-neuf mois], s’est aussitôt réjoui Me Charles Tchoungang, l’un des conseils d’Ahmed Abba. Donc techniquement, il peut être dehors aujourd’hui, demain, après-demain. »

En effet, les faits à lui reprochés sont la « non-dénonciation d’actes terroristes » par des groupes de défense des droits.

Des preuves d’une attaque prévue

Les autorités ont déclaré avoir trouvé des preuves sur l’ordinateur d’Abba d’attaques prévues par Boko Haram. Ces attaques seraient dirigées contre des cibles au Nigeria, Cameroun et dans les pays voisins. Depuis le début de la guerre en 2009, plus de 20 000 personnes ont été tuées par ce groupe.

Abba a nié la connaissance des attaques et a clamé son innocence. Alors, la peine a été réduite à deux ans jeudi. En effet, la cour d’appel abandonnant les accusations de terrorisme, a confirmé celles de « non-dénonciation » du terrorisme.

« Ahmed Abba n’a rien à voir avec Boko Haram. La complicité avait déjà été écartée, le blanchiment a été écarté, l’apologie a été écartée. Nous tombons donc sur une condamnation pour non-dénonciation mais nous ne savons pas exactement de quoi », a ajouté Yves Rocle, chef du service Afrique de RFI, présent à Yaoundé comme à chaque audience.

Les groupes de droits de l’Homme et RFI ont salué la décision de jeudi.

« Cette décision est une victoire pour Abba, qui a été détenu pendant plus de deux ans simplement pour avoir fait son travail de journaliste ». C’est en effet ce qu’a déclaré Ilaria Allegrozzi, chercheur d’Amnesty International.

La libération prochaine d’Abba intervient au milieu d’une répression par le président Paul Biya, voulant prolonger son règne de 35 ans aux élections de 2018.

En effet, le pays est confronté à une insurrection séparatiste dans ses régions anglophones ainsi qu’à la menace de Boko Haram.

 

Une autre arrestation de journaliste

Patrice Nganang, un auteur camerounais primé, qui vit à New York, a été arrêté lors d’une visite au Cameroun ce mois-ci pour avoir écrit un post sur Facebook critiquant Biya

Nganang est détenu en prison jusqu’au procès en janvier 2018.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *