Voici la lettre la plus révélatrice de Patrice Lumumba avant son assassinat

Un homme politique congolais et premier Premier ministre de la République démocratique du Congo indépendante, Patrice Emery Lumumba, a été assassiné ce jour-là en 1961 à l’âge de 36 ans.

Aujourd’hui marque 57 ans après sa mort, qui a été ressentie dans toute l’Afrique et le monde entier alors qu’il était filmé en captivité et malmené par des soldats sous l’autorité de son chef d’état-major, Joseph-Desire Mobutu, qui avait pris le pays après un coup d’État.

Les États-Unis, l’ONU et l’ancienne Belgique, ont été complices de son assassinat alors qu’ils étaient torturés malgré les lettres qu’il avait écrites pour se protéger pendant la crise du Congo. Il lutta contre le colonialisme et fonda une alliance en Union soviétique, ce qui serait la raison pour laquelle les alliés occidentaux refusèrent de l’aider.

Lumumba a transformé le pays en trois mois à peine et il a plaidé avec vigueur pour une Afrique unie jusqu’à sa mort par coups de feu. Il est considéré comme l’un des pères fondateurs de l’Afrique postcoloniale et un avocat clé du mouvement panafricain.

Pendant son séjour en prison, il a écrit de nombreuses lettres à des dirigeants politiques, à des amis et à sa famille, exprimant sa préoccupation pour la situation de son pays et son espoir de libération.

Ci-dessous, sa dernière lettre à son épouse Pauline Lumumba, en 1960, avant son assassinat.

Mon cher compagnon,

Je vous écris ces mots sans savoir si vous les recevrez  ,  quand vous les recevrez et si je serai encore en vie quand vous les lirez. Tout au long de ma lutte pour l’indépendance de mon pays, je n’ai jamais douté un seul instant que la cause sacrée à laquelle mes camarades et moi-même avons consacré toute notre vie triompherait finalement. Mais ce que nous voulions pour notre pays – son droit à une vie honorable, à une dignité parfaite, à l’indépendance sans restrictions – n’a jamais été voulu par le colonialisme belge et ses alliés occidentaux, qui ont trouvé le soutien direct et indirect, intentionnel et non intentionnel de certains hauts fonctionnaires. des Nations Unies, cet organe en lequel nous avons placé toute notre confiance lorsque nous l’avons appelé à l’aide.

Ils ont corrompu certains de nos compatriotes; ils ont acheté d’autres; ils ont fait leur part pour déformer la vérité et souiller notre indépendance. Que puis-je dire d’autre? ‘Que mort ou vivant, libre ou en prison par ordre des colonialistes, ce n’est pas ma personne qui importe. Ce qui est important, c’est le Congo, notre peuple pauvre dont l’indépendance a été transformée en cage, avec des gens qui nous regardent de l’extérieur des barreaux, parfois avec une compassion charitable, parfois avec joie et plaisir. Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et sens au fond de mon cœur que mon peuple se débarrassera tôt ou tard de tous ses ennemis, étrangers et nationaux, qu’il se lèvera comme un non-citoyen pour dire non à la honte et à la dégradation du colonialisme et retrouver sa dignité dans la pure lumière du jour.

Nous ne sommes pas seuls. L’Afrique, l’Asie et les peuples libres et libérés du monde entier resteront toujours aux côtés des millions de Congolais qui n’abandonneront pas la lutte jusqu’au jour où il n’y aura plus de colonisateurs et plus aucun de leurs mercenaires notre pays. Je veux que mes enfants , que je laisse derrière moi et que je ne reverrai peut-être plus jamais, disent que l’avenir du Congo est beau et que leur pays les attend, comme tous les Congolais, à s’acquitter de la tâche sacrée qui consiste à reconstruire notre indépendance, notre souveraineté; car sans justice, il n’y a pas de dignité et sans indépendance, il n’y a pas d’hommes libres.

Ni les assauts brutaux, ni les mauvais traitements cruels, ni la torture ne m’ont jamais amené à demander grâce, car je préfère mourir la tête haute, une foi inébranlable et la plus grande confiance dans le destin de mon pays plutôt que de vivre dans l’esclavage et le mépris. pour les principes sacrés. L’histoire aura un jour son mot à dire. ce ne sera pas l’histoire enseignée aux Nations Unies, à Washington, Paris ou Bruxelles, mais l’histoire enseignée dans les pays qui se sont débarrassés du colonialisme et de ses marionnettes. L’Afrique écrira sa propre histoire et au nord et au sud du Sahara, ce sera une histoire pleine de gloire et de dignité.

Ne pleure pas pour moi, mon compagnon; Je sais que mon pays, qui souffre tellement, ‘pourra défendre son indépendance et sa liberté. Vive le Congo! Vive l’Afrique!

PATRICE Source: éditions  Jean Van Lierde,  Lumumba parle: Les discours et les écrits de Patrice Lumumba, 1958-1961  (Boston: Little, Brown and Company, 1972)

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