Venezuela: les forces de l’ordre bloquent l’accès des députés au Parlement

Les forces de l’ordre vénézuéliennes ont bloqué mardi 10 mai l’accès à l’Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l’opposition au président Nicolas Maduro, alors que le pouvoir chaviste poursuivait son offensive contre l’opposition regroupée autour de Juan Guaido, deux semaines après le soulèvement manqué.

Depuis l’aube mardi, des effectifs de la police, de la Garde nationale bolivarienne, un corps militarisé, et des services de renseignement (Sebin) étaient postés autour du Palais fédéral et en interdisaient l’accès aux députés ainsi qu’aux journalistes, a constaté l’AFP. « Des agents du Sebin ont investi le Palais fédéral en prétextant la présence d’engins explosifs à l’intérieur », s’est insurgée la députée Manuela Bolivar, dans une interview à l’AFP. Les parlementaires devaient débattre des poursuites contre dix de leurs pairs accusés par la Justice d’avoir « activement » soutenu le soulèvement manqué du 30 avril, auquel avait appelé Juan Guaido.

Le gouvernement de Nicolas Maduro tente « de kidnapper le pouvoir législatif, alors que le dictateur est retranché, seul, dans un palais où il ne devrait pas se trouver, soupçonneux de tout son entourage », a accusé le chef de file de l’opposition sur Twitter.

Depuis l’échec de son appel à la rébellion, il y a tout juste deux semaines, le pouvoir chaviste concentre son offensive sur l’Assemblée nationale, seule institution qui lui échappe, en pourchassant les « traîtres » responsables, à ses yeux, de cette opération. Dix députés d’opposition ont déjà vu leur immunité parlementaire levée par l’Assemblée constituante, créée, elle, par le pouvoir en 2017 et uniquement composée de fidèles à Nicolas Maduro.

Edgar Zambrano, le vice-président de l’Assemblée nationale, a été arrêté et transféré dans une prison militaire, tandis que trois députés sont réfugiés dans des résidences diplomatiques et un autre a fui en Colombie voisine.

Les manifestations anti-Maduro font de moins en moins recette

Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, tente de déloger Nicolas Maduro du pouvoir depuis fin janvier. Il le qualifie de « dictateur » et d’« usurpateur » en raison de l’élection présidentielle « frauduleuse » de l’an dernier qui a permis au chef de l’État de se maintenir au palais de Miraflores.

L’opposant de centre droit âgé de 35 ans dit avoir le soutien de la rue. Mais les nombreuses manifestations anti-Maduro auxquelles il appelle font de moins en moins recette. Ces manifestations ont parfois été émaillées de violents heurts avec les forces de l’ordre. Et lors de manifestations en janvier, le gouvernement a fait un « usage excessif de la force », « de manière systématique et généralisée », s’est indignée Amnesty International dans un rapport publié mardi.

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