Ouganda: les attentats-suicides, un «phénomène nouveau» qui inquiète -

Ouganda: les attentats-suicides, un «phénomène nouveau» qui inquiète

Alors que les attentats-suicides de mardi 16 novembre ont été revendiqués par le groupe État islamique, la police ougandaise pointe du doigt les ADF, rébellion active depuis la RDC voisine. Fin octobre déjà, le gouvernement avait attribué deux attaques à la bombe dans Kampala aux ADF. Un certain nombre de ses membres présumés avaient été arrêtés. Pour le chercheur ougandais Frederick Golooba-Mutebi, ces attentats-suicides sont une nouveauté. 
 
C’est choquant de voir qu’en Ouganda, nous avons désormais un nouveau phénomène d’attentats-suicides. Ce n’est pas très commun. La dernière fois, c’était il y a dix ans, quand les auteurs se sont fait sauter parmi des gens qui regardaient la Coupe du monde de football. Mais des gens – comme on a pu le voir sur les vidéos de surveillance – portant des sacs à dos et se faisant exploser, c’est relativement nouveau.
 
Avant même que les attaques soient revendiquées, la police ougandaise a accusé les ADF. Qu’en pensez-vous ?
 
Dans un communiqué, la police a en effet pointé du doigt les rebelles des ADF (Forces démocratiques alliées). Peut-être que c’est vrai, mais peut-être que cela ne l’est pas. Nous ne savons pas. Je ne me rappelle pas que les ADF aient récemment revendiqué ce genre d’attaques. Mais ce qui est vrai, c’est qu’à chaque fois qu’il y a un attentat, la police fait porter la responsabilité aux ADF. En l’absence de preuve, je préfère être prudent. Les ADF ne sont pas les seuls à pouvoir organiser ce genre d’attentats. Cela pourrait être une autre organisation.
À quelle autre organisation pensez-vous ?
 
Les gens qui ont fait sauter des bombes à Kampala il y a dix ans venaient de l’extérieur, de Somalie. L’Ouganda a des troupes en Somalie qui se battent contre le groupe islamiste les Shebabs ; cela pourrait très bien être une possibilité. De nos jours, on entend également parler du groupe État islamique, qui serait allié aux ADF. Est-ce qu’il s’agit des ADF, du groupe État islamique, des deux ensemble, je n’en sais rien. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas qu’une seule possibilité. Les ADF en sont une, les Shebabs en sont une autre.
 
Que pensez-vous de ces attaques contre le Parlement et la police ? Ne sont-elles pas audacieuses ?
 
Je pense que ceux qui sont derrière ces attaques veulent montrer qu’ils sont capables de s’en prendre à des installations importantes et bien gardées, des installations liées aux services de sécurité ou à l’État. Il s’agit de montrer qu’ils sont capables de cibler qui ils veulent.

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