Géopolitique : Pourquoi le Sénégal recule

En 1973, Alain Peyrefitte, alors ministre français et éminent homme de culture, écrivait quand la Chine s’éveillera. Dans la même foulée, beaucoup de spécialistes, d’analystes géopolitiques, voyaient en notre pays le Sénégal, aux lendemains des indépendances, le phare de l’Afrique noire.

Depuis, la Chine s’est réveillée et le monde tremble, l’Occident en particulier qui, par une politique saugrenue, insidieuse, faite de la désinformation, essaie de faire de la Chine la pestiférée, l’endroit où le démon s’est installé, en pure perte.

Pour notre part, au Sénégal, le professeur Cheikh Anta Diop, dans le domaine de l’éducation, analysant le legs colonial et les impressionnantes compétences humaines et sénégalaises, lançait : «Notre université ne doit pas avoir peur de former des cadres, et de la plus haute qualification.

Il ajoutait : « Notre université peut même être la première industrie lourde et aider à une meilleure intégration africaine. L’exception culturelle sénégalaise était alors une réalité intensément vécue au moment où l’Afrique était minée par la vermine tribalisme, la violence religieuse et surtout la politique. Puis, brusquement, le temps s’est assombri, l’horloge s’est arrêté, les ressorts culturels, psychologiques, manteau des Sénégalais, quelque part,  se sont cassés.

Que s’est-il passé ? Tel un boxeur saoulé de coups, chancelant ne pouvant se défendre, notre pays a reculé pour se refugier dans les cordes. Intelligente tactique, mais qui ne la dédouane pas de son échec.

Nous avons reculé depuis des décennies, oui depuis des décennies au vu du formidable legs colonial. Exemple : Dakar capitale de l’AOF, avec tout que cela supposait de réalisations, de projets, de visions, de perspectives.

Et alors, les pays qu’on traitait de « Niak », c’est à dire de frustres, d’arriérés, incapables du moindre progrès, de rire sous cape. Avouons que pour un pays comme le nôtre, qui pouvait rivaliser avec des pays européens dans beaucoup de domaines, c’est une tragédie. Et le plus grave, c’est que certaines de nos positions inconfortables dans les classements mondiaux ne nous émeuvent plus. Nous sommes comme vaccinés contre certaines débâcles.

Il est grandement temps de nous réveiller. Ces altitudes malheureuses trouvent en vérité leur explication dans le manque de civisme, le sens de la patrie,  de l’honneur, de la rigueur dans nos actes, l’éducation qui se sont royalement effrités. Les rôles sont ainsi renversés depuis longtemps, on n’a pas vu le temps passer. Autre explication de cette situation, les discours sont déphasés. Il y a trop de  saupoudrage. Le travail est comme désacralisé dans beaucoup de services.

Il s’agit de revenir à la réalité que nous ne sommes plus le centre autour duquel les autres gravitaient et venaient se mirer. Dès lors, cherchons ensemble, chacun dans son domaine, à libérer son esprit créateur sous la base d’une véritable foi du travail et à l’avenir. Refusons cette monotonie intellectuelle qui est l’absence de toute réflexion.

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