CASAMANCE: LA SCÈNE DE L’HORREUR !

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koumpeu.com–Nous sommes à Bourofaye Baïnounck, à 7 km de Ziguinchor, juste après le village de Petikan, en passant par la route nationale N4, celle qui passe de la gare routière de Ziguinchor, traverse les quartiers de Tilène, Kantène et Kandialang et que les Casamançais appellent communément la Route 54. Elle relie le Sénégal à la Guinée Bissau. Une fois à Bourofaye, il faut quitter le bitume, prendre la droite pour s’engager sur une piste sablonneuse, par endroit, pour rejoindre le village de Badème Diola, le pays des Bayottes, une sous ethnie des Diola. Nous sommes sur la piste des fraudeurs et des trafiquants en tout genre. C’est ici, à 11 kilomètre de la route nationale N4, que se trouve la forêt des Bayottes, l’une des forêts « classées » de la Casamance.

Si Kewoulo ne peut, pour le moment, pas dire quel est le chef de guerre qui est à l’origine de cette tuerie du samedi, il ressort de nos investigations que « c’est un guet-apens qui a été tendu« , ce samedi, aux exploitants de la forêt. Des premiers témoignages obtenus sur place, c’est vers 7 heures du matin, que tout a commencé. «Les rebelles s’étaient dispersés, en petits groupes cachés dans les bois. Ils ont commencé à arrêter tous ceux qui rentraient dans la forêt. Et, ils nous ont rassemblés dans un endroit, sous la menace de leurs armes. De 7 heures, nous sommes restés jusqu’à midi, ignorant ce qui allait se passer. Et, soudain, ils se sont rassemblés et ont commencé à nous tirer dessus», a raconté un rescapé à Kewoulo

Des sources hospitalières ont également fait état de 13 personnes tuées. Selon elles, neuf autres personnes grièvement blessées ont été acheminées à l’hôpital régional de Ziguinchor. Elles affirment que certaines victimes ont été égorgées, et que les corps des autres ont été criblés de balles.

Des groupes rivaux

Ce drame survient quelques heures après l’annonce, par les autorités sénégalaises, de la libération de deux prisonniers membres de la rébellion du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Arrêtés par l’armée, les deux combattants du MFDC étaient détenus dans un cantonnement militaire. Ils seraient proches de Salif Sadio, le leader de l’un des groupes rivaux du MFDC. Ils ont été libérés à la suite d’un accord signé à Rome en décembre dernier, entre l’Etat du Sénégal, les indépendantistes du MFDC et la communauté de Sant’Egidio.

Des « progrès substantiels »

Un acte similaire a été perpétré en 2011 par des hommes armés à Diagnon, un village situé dans la région de Ziguinchor. Onze personnes parties chercher du bois avaient été exécutées par des individus armés.

Dans son message de fin d’année, Macky Sall, le chef de l’Etat sénégalais, a invité les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance à poursuivre le dialogue pour consolider la paix dans le sud du pays.

« Consolidons la paix, car nos progrès sont déjà substantiels, par le dialogue confiant que nous avons poursuivi toutes ces années avec le soutien constant des facilitateurs, que je salue et apprécie », avait-il dit le 31 décembre 2017.

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