Afrique : la peine de mort est-elle une solution durable à la criminalité ?

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En Afrique, bien de tribunaux prononcent des peines de mort et ordonnent des exécutions de coupables. Parfois injustement.

L’humanité célèbre ce 10 octobre, la journée mondiale contre la peine de mort instituée en 2003. L’occasion pour des ONG de défense des droits de l’homme de parler de ces pays qui pratiquent la peine capitale. C’est le cas des États-Unis, du Japon et de la Chine.

Des pays africains ne sont pas en marge de la sentence. Selon Amnesty International près de 1350 condamnations à mort ont été prononcées sur le continent en 2017 pour 63 exécutions. Des pays tels que l‘Égypte, le Nigeria, la Somalie et le Soudan du Sud sont cités par l’ONG internationale.

Et pourtant, la plupart des institutions à travers le monde plaident aujourd’hui en faveur de l’abolition de la peine capitale. « L’abolition de la peine de mort, en droit ou dans la pratique, est une condition préalable à l’adhésion au Conseil de l’Europe, et l’interdiction absolue de la peine de mort, quelles que soient les circonstances, est consacrée tant par les protocoles n° 6 et n° 13 à la Convention européenne des droits de l’homme que par la charte des droits fondamentaux de l’UE », peut-on lire dans la « Déclaration commune de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe » à l’occasion de la Journée européenne et mondiale contre la peine de mort, le 10 octobre 2018.

Et de poursuivre : « Nous invitons les États européens qui n’ont pas encore ratifié ces textes à le faire ».

Une sentence peut cacher une grave erreur judiciaire

Si de nombreux États évoquent la dissuasion pour justifier le maintien de la peine capitale dans leur législation, l’histoire de l’humanité n’est pas cependant avide d’erreurs judiciaires. Parmi ces erreurs, celle dont fut victime en 2001 le Français Marc Machin reconnu coupable du meurtre de Marie-Agnès Bedot.

Heureusement que le véritable coupable se prononça pour que ce quadragénaire (à l‘époque, il avait 45 ans) fût purement et simplement acquitté. Et d’après des historiens, c‘était la huitième erreur judiciaire en France depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Mais, la France reste jusqu’ici marquée par la célèbre affaire Dreyfus. Le jeune capitaine fut condamné pour espionnage au profit de l’Allemagne, alors que le véritable coupable était son supérieur, le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy.

S’il est des erreurs judiciaires qui ont pu être rattrapées, de nombreuses personnes attendent jusqu’ici du fond de leurs tombeaux d‘être réhabilitées pour avoir été éliminées à cause d’une erreur judiciaire.

Et en Afrique, il y a bien pire : des exécutions sommaires effectuées par des éléments de la Force publique sur ordre ou non de leurs supérieurs. Pourtant, certains de ces pays font partie intégrante des États ayant déjà aboli la peine de mort.

Le cas du Congo dont la police est accusée par des ONG de défense des droits humains d’avoir tué en mi-septembre dernier, 13 jeunes au commissariat de Chacona à Brazzaville. Pour tirer cette affaire au clair, les autorités congolaises entendent organiser un procès à partir du 24 octobre prochain.

D’où l’impérieuse nécessité de la présomption d’innocence consacrée par l’article 11 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Surtout dans une Afrique dont les moyens d’enquête semblent peu fiables pour aider les juges à faire manifester la vérité.

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