Des infrastructures de haut niveau, des stades ultramodernes et des milliards investis, le Maroc s’est plié en quatre lors de la CAN 2025 pour convaincre qu’il peut parfaitement organiser une Coupe du monde (et pourquoi pas une finale). Mais ces efforts marocains pourraient être nuls, après le chaos observé lors de la finale de CAN 2025 face au Sénégal. Les Espagnols, organisateurs de la Coupe du monde 2030 avec le Maroc et le Portugal, font pression sur la FIFA pour récuser le pays africain des hôtes du Mondial.
La finale de la CAN 2025 n’a pas fini de faire des dégâts au Maroc. Après les indignations en Espagne (et un peu partout dans le monde) concernant le vol des serviettes, de nouvelles affaires viennent s’ajouter sur le dos des Marocains. En effet, depuis la victoire du Sénégal à Rabat, plusieurs Marocains ont montré une très mauvaise image de leur pays, avec des propos racistes envers le peuple d’Afrique subsaharienne. Sur les réseaux sociaux, des insultes et mauvaises remarques racistes ont provoqué un tollé. Le journal français « Le Point » ne s’y est pas trompé avec son article intitulé : « L’Occident n’a pas le monopole du racisme : la preuve par la CAN ». Ce tollé n’est pas passé inaperçu en Espagne, où, visiblement, le Maroc est scruté de près pour sa collaboration avec le pays ibérique pour le Mondial 2030.
Ces derniers jours, à Madrid et environs, les Espagnols ne se limitent plus à s’indigner de l’arbitrage pro-marocain à la CAN et l’affaire des serviettes, ils réclament désormais que la FIFA agisse pour retirer le Maroc de l’organisation de la Coupe du monde 2030. Chez certains espagnols, une initiative lancée au Zimbabwe contre le Maroc a reçu une résonance particulière. En effet, la page sur X dénommée Zimbabwean-Xhosa a annoncé lancer une pétition pour réclamer la destitution du Maroc du Mondial 2030.

Une pétition appuyée par des personnalités en Espagne. « Des Africains appellent au boycott de la Coupe du monde au Maroc en raison du racisme qui sévit dans le pays (qui a encore récemment pratiqué l’esclavage des Noirs). Les bouleversements sociopolitiques s’accompagnent souvent de multiples conséquences », écrit sur X le professeur et écrivain, Carlos Gorriaran. Même chose pour l’influenceur Guillermo Rocafort. « Dans de nombreux pays africains, une initiative vise à empêcher le Maroc d’accueillir la Coupe du monde 2030. L’Afrique ne fait pas confiance au Maroc », lance-t-il avec un émoji en signe d’approbation à l’initiative. « Le Maroc ne peut pas accueillir la Coupe du monde 2030 », ajoute Rocafort.


La page portugaise Questiona-Te, spécialisée dans les questions géopolitiques, s’est aussi jointe à cette propagande anti-Maroc. « Sur les réseaux sociaux, des milliers de fans de football sont scandalisés par la décision de la FIFA d’inclure également le Maroc parmi les pays hôtes. Les supporters menacent de boycotter la Coupe du monde 2030 si elle ne se limite pas à un duel entre le Portugal et l’Espagne », lit-on.

A la base, l’Espagne avait décidé de collaborer avec le Portugal et l’Ukraine. Mais une affaire de corruption a éclaboussé la fédération ukrainienne, poussant l’Espagne à inviter le Maroc dans son dossier de candidature. Une décision motivée par l’émergence du pays chérifien, mais aussi sa proximité avec la péninsule ibérique et la spécificité du continent africain, qui n’a jusque-là organisé qu’une Coupe du monde. La participation du Maroc a été décisive dans la campagne victorieuse pour l’organisation du Mondial 2030, mais depuis quelques jours, tout semble remis en cause. « Il est clair que sans les votes obtenus en incluant le Maroc dans la candidature de l’Espagne et du Portugal pour la Coupe du monde 2030, nous ne l’aurions pas obtenue à l’avance, mais nous devrons étudier tout ce qui s’est passé lors de la Coupe d’Afrique pour voir avec quels partenaires nous voulons organiser la Coupe du monde », écrit la page espagnole de datas Grada B Pro. Preuve, encore une fois, que malgré la belle organisation, la finale de la CAN a laissé une image écornée du Maroc.

Au Maroc, face à cette propagande, la stratégie de réponse est claire : faire porter le chapeau au Sénégal. Sur les réseaux sociaux, les fake news s’enchaînent. Par exemple, la parade pour contrer l’affaire des serviettes a été d’accuser les Sénégalais de maraboutage avec, en prime, des images du staff malien (confondu avec le Sénégal) datant de plusieurs mois. Les Marocains dénoncent par ailleurs une ingratitude des Africains à leur égard, après les efforts consentis. Stratégie à double tranchant, ayant provoqué la polémique raciale dénoncée par les Espagnols notamment.

Au moment de prendre des décisions, la CAF devra avoir les idées claires et faire fi des pressions extérieures pour la plus impartiale possible.









