Sur scène, Bassirou Diomaye Faye l’assure : c’est la coalition « Diomaye président » qui a su rassembler un large soutien pour le porter au pouvoir en 2024.
Il faut donc continuer à l’élargir et préparer « les prochaines échéances électorales » comme le prévoit l’article 12 de sa nouvelle charte. Est-ce le signe d’une rupture définitive avec Ousmane Sonko ?
« Rupture dans le discours »
Pour Moussa Diaw, professeur émérite de sciences politiques à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, « Diomaye a donné un signal fort aux Sénégalais pour dire qu’il a complètement rompu avec le projet qui le liait avec Ousmane Sonko. Il a tourné cette page, il y a une rupture dans le discours. Tous les ancrages avec le Pastef ont été rompus. Il temporise pour ne pas avoir à prendre la décision de quitter le parti. »
Deux points soulevés samedi actent le fossé idéologique qui se creuse entre le chef de l’État et le Pastef : le refus d’une « justice des vainqueurs », en référence aux démarches entreprises par le pouvoir pour juger l’administration précédente. Et le refus, également, d’un « souverainisme intégral » à l’heure où le Sénégal, endetté, est dans une situation difficile vis-à -vis de ses partenaires internationaux.
« Glissements sémantiques »
Pour Maurice Soudieck Dione, professeur agrégé de sciences politiques à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, ces discours ne traduisent pas encore une scission nette : « Ce n’est pas encore la rupture totale, il y a des infléchissements et des glissements sémantiques dans la vision du projet mais ce n’est pas encore une césure absolue par rapport au Pastef. Aussi, sur le plan stratégique, il y’a toujours cette volonté de vouloir capter des soutiens au sein du Pastef. »
Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler qu’il était toujours membre du Pastef. En ligne cependant, de nombreux fidèles du parti d’Ousmane Sonko considèrent que le chef de l’État a déjà quitté ses rangs.









