Le Franc CFA et les comptes opératoires africains en France

Jamais une monnaie n’a été au centre de grosses polémiques en Afrique que le franc CFA. Cette monnaie utilisée par 14 pays d’Afrique francophone est de plus en plus décriée aujourd’hui par des politiques, des panafricanistes et aussi par des personnes bien éclairées sur la question des principes monétaires. Pourtant les avis sont partagés et certains ne se lassent pas de défendre le Cfa comme la monnaie providentielle pour le continent.

La question du Cfa est très au faîte des discussions des problèmes de développement de l’Afrique. Beaucoup pensent que cette monnaie a été imposée par la France aux Etats qui en font usage notamment ses anciennes colonies. Une façon pour cette puissance de garder la main mise sur la politique financière de ces pays et de pouvoir profiter de leurs ressources sans en donner l’impression. Ceci, les experts l’expliquent par le fait des comptes d’opérations ouverts par la BCEAO et la BEAC auprès du Trésor français pour y déposer une partie (50 %) de leurs réserves de change en contrepartie de la convertibilité de la monnaie. Selon le magazine Jeune Afrique, il s’agit là de précieuses ressources financières (estimées à 13 000 milliards de FCFA – plus de 19 milliards d’euros – fin 2015) dont se privent les économies de la zone et qu’elles pourraient investir pour financer leur croissance.

Des leaders africains défendent la monnaie coloniale

Invité de Christophe Boisbouvier ce lundi 28 janvier sur RFI, le ministre Nigérien des finances, Hassoumi Massaoudou, qui s’est prononcé sur cette épineuse question du franc cfa, il a indiqué que c’est un choix monétaire des pays de la zone cfa et souligne que ce type d’accord existe aussi ailleurs. Il indique que les pays de la zone franc Cfa ont fait un choix délibéré en optant pour la banque française ; qu’ils auraient pu opter pour une banque en Angleterre ou ailleurs. Dans son argumentaire, le financier nigérien rappelle même que plus de trente pays africains ont leur compte opérationnels en Europe et ailleurs et il ne s’agit pas, dans le cas des pays de la zone Cfa, de cas exceptionnel.

Mais alors, combien sont-ils ces pays occidentaux à avoir de compte opérationnel dans un autre pays ? Pour le moment, la question reste jusqu’à la preuve qu’ils existent. De toutes les façons, la question de la souveraineté des Etats se pose toujours, même si les dirigeants africains insistent à dire qu’ils décident eux même de leur politique économique. Cette domination saute à l’œil et l’on ne peut cacher le soleil avec la paume des mains comme le font les pro occidentaux qui soutiennent à dessein cette monnaie coloniale.

En effet, si autant de politiques, d’intellectuels en Afrique et dans le monde ou encore de panafricanistes plutôt très éclairés, se tuent à dénoncer une relation de métropole et de colonie des temps modernes entre l’Afrique et la France, c’est que quelque part, « l’arnaque » pourrait bien exister. Le fait est que la plupart des pays francophones sont restés plus ou moins pauvres pendant que leurs leaders, fidèles à la France par leurs propos et comportements, sont riches, extrêmement riches. De plus, il est évident que la gestion politique au sommet de ces Etats, n’y est pas aussi très bonne mais ce sont ces dirigeants qui font toujours les bons amis et les bons élèves de la France.

Des signes plus qu’apparents permettent aux détracteurs de la Françafrique de penser que quitter le Cfa serait un grand pas vers une réelle souveraineté africaine. Des observateurs indiquent que ceux qui défendent le Cfa sont ceux-là qui sont des milliardaires en francs Cfa et ne veulent pas perdre ce privilège. Le changement de monnaie serait-il une solution ? Oui pour d’autres, la classe moyenne et les plus pauvres ; non, pour les leaders et les plus fortunés. Mais une chose est certaine et tout le monde est d’accord là-dessus, l’Afrique francophone n’a pas connu de réelle avancée en matière de développement depuis environ 60 ans d’indépendance.

beninwebtv

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