« L’Afrique n’est le prix à gagner ou à perdre pour personne », Paul Kagame aux dirigeants africains

Le continent africain n’est le prix à gagner ou à perdre pour personne, a déclaré le président Paul Kagame.

Le Président s’exprimait à Marrakech, au Maroc, à l’occasion d’un dîner-débat organisé dans le cadre de la 12e édition de la World Policy Conference (WPC).

« L’Afrique n’est le prix à gagner ou à perdre pour personne. Pas du tout. Il est de notre responsabilité, en tant qu’Africains, de prendre en charge nos propres intérêts et de développer notre continent pour atteindre son plein potentiel. En fait, cela a toujours été le principal problème. Nous attendons depuis bien trop longtemps, en fait depuis des siècles », a affirmé vendredi soir le président rwandais.

Ses commentaires font suite aux multiples rapports selon lesquelles les pays développés ont pris le dessus sur l’Afrique grâce à leurs interactions avec le continent.

Par exemple, les interactions de la Chine avec l’Afrique sont souvent considérées comme une victoire pour la nation asiatique.

Dans ce cadre, Paul Kagame a appellé les pays africains à passer de la dépendance à l’autosuffisance et enfin à la prospérité. Par ailleurs, il propose plusieurs moyens pour arriver à cela.

« Le commerce rend puissante l’économie d’un pays. La recherche d’un avantage comparatif conduit généralement à des gains de compétitivité et de richesse. C’est pourquoi, à un certain moment, le concept d’aide au commerce a gagné en popularité. L’idée était de renforcer la capacité commerciale d’un pays pour qu’il puisse passer de la dépendance à l’autosuffisance, et finalement à la prospérité. Cela aurait dû être l’approche depuis le début », a-t-il fait remarquer.

C’est à partir de ces ambitions que le continent s’est réuni pour éliminer les obstacles au commerce tels que les entraves à la libre circulation des personnes.

« Aujourd’hui, l’Afrique entretient de solides relations commerciales avec le monde entier, que ce soit avec l’Europe, l’Inde, l’Amérique du Nord ou la Chine. En effet, nous aspirons à plus d’investissements et d’échanges commerciaux avec tout le monde, parce que nous en profiterons tous. C’est pourquoi il est si important pour l’Afrique de s’unir en tant que région. Les obstacles internes à la libre circulation et au commerce en Afrique continuent de diminuer, même s’il reste encore beaucoup à faire ».

La Sierra Leone est le dernier pays à adopter la politique de visa à l’arrivée pour les titulaires de passeports africains.

La prise en charge par l’Afrique de ses intérêts est également évidente à travers la Zone continentale africaine de libre-échange qui est déjà en vigueur. Et les échanges commerciaux commenceront en juillet 2020.

Le continent a également créé un fonds pour la paix, le Fonds pour la paix de l’Union africaine, qui a recueilli jusqu’à présent 125 millions de dollars pour les activités de consolidation de la paix.

« Cet accord va radicalement remodeler la manière dont l’Afrique fait des affaires avec elle-même et avec le reste du monde. La revitalisation du Fonds pour la paix de l’Union africaine, qui s’élève maintenant à plus de 125 millions de dollars, a renforcé la crédibilité des partenariats pour la sécurité de l’Afrique, et il devrait continuer à croître ».

Le Président a également déclaré que le ton d’anxiété et de défaitisme qui caractérise la majorité de la conversation politique mondiale ne reflète pas le point de vue du continent.

La majorité des économies mondiales adoptent de plus en plus des approches protectionnistes dans leurs politiques, probablement parce qu’elles croient à tort qu’empêcher la prospérité des autres préserve leur niveau de vie.

« De là, il n’y a qu’un pas vers la croyance erronée que le maintien d’un niveau de vie élevé dans un endroit dépend de l’empêchement des autres d’atteindre le même niveau. Les barrières s’élèvent, la confiance disparaît. Si je puis me permettre de généraliser, ce pessimisme ne résonne pas en Afrique. Il y a une détermination à vivre une vie meilleure pour nous-mêmes ».

Plutôt que d’être pessimiste, M. Kagame affirme que les pays devraient prendre note des progrès réalisés dans des domaines tels que la santé, la connectivité et la gouvernance par la coopération.

« Nous avons déjà constaté des signes de progrès considérables, en particulier dans les domaines de la santé, de la connectivité, de la gouvernance et des revenus. Il est essentiel de retrouver ce sentiment d’espoir et d’optimisme… Nous pouvons être de meilleurs partenaires. Ce qui veut dire que nous tous, ici présents et ailleurs, travaillons ensemble. C’est ce qui nous ramènera sur la voie d’un monde meilleur, où tout le monde en bénéficiera ».

Répondant aux questions du public, ll a souligné l’importance de l’autonomisation des femmes et de l’égalité des sexes en affirmant que l’exclusion des femmes revient à exclure plus de la moitié de la population du développement, ce qui est autodestructeur.

Crédit photo : sadcnews

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