Cissé Lô, Farba Ngom, Yakham Mbaye… : Le règne des francs-tireurs

Quand les faucons du régime se livrent une guerre, les propos sont singulièrement orduriers et ça tire dans tous les sens. Yakham Mbaye, Farba Ngom, Moustapha Cissé Lô, ont repris service et cela donne ça : foire d’empoignes et insanités. Cependant, force est de reconnaitre que c’est à l’image de l’Apr où les comptes se soldent publiquement et les responsables se donnent en spectacle sous le silence coupable du chef.
 
Entre les faucons du palais, les éternelles petites querelles prennent désormais les allures d’une guerre fratricide à amplitude nationale. Entre Farba Ngom et Yakham Mbaye d’un camp et ‘’le fou de Keur Mbarick’’, Moustapha Cissé Lô de l’autre, les propos -avec un lexique ultra ordurier- ne volent plus aux ras des pâquerettes, ils ont tout simplement fini par élire domicile dans les nauséeux caniveaux.
 
 Avec ses audios destinés à ses ‘’faux-frères’’ de parti, qui ont fait le tour du Sénégal et de la diaspora, El pistoléro ringardise Assane Diouf. L’ex-président du prestigieux parlement de la Cdeao a coiffé l’insulteur public au poteau et devient incontestablement le détenteur du Guiness des injures en rafales. Difficile de croire qu’il s’agit de la troisième personnalité de l’Etat qui se meut en débiteur d’injures massives.
 
La guerre des faucons
 
Mais, pour qui connait le personnage, cela ne surprend guère. Le mitrailleur déchainé, El Pistoléro, est connu pour son caractère insaisissable et ses tirs sans sommation n’épargnent personne : le président de la République, les camarades de parti, l’opposition même la classe maraboutique, sans oublier les médias. Plus pondéré, mais juste un chouia, le maire d’Agnam, Farba Ngom est tout aussi impitoyable dans ses attaques parfois dirigées contre ses frères de parti. Moins orduriers que les deux premiers, du moins dans la forme, le journaliste directeur du Soleil, Yakham Mbaye est tout aussi tranchant, dans le fond, que les autres faucons. El Hadji Kassé, l’ancien ministre conseiller du Président (scandale sur le pétrole) et Madiambal Diagne en savent quelque chose. 
 
Il faut dire qu’entre ces sbires du pouvoir, une attaque en chasse une autre et la virulence ne faiblit point. Elle va toujours crescendo. En effet, leur confrontation n’est pas nouvelle même si une certaine accalmie avait été notée après l’épisode très virulent des intrants agricoles qui opposait Yakham Mbaye à Cissé Lô, après que ce dernier ait frontalement attaqué le ministre de l’Agriculture le 3 décembre 2019.
 
Mais, la hache de guerre est désormais déterrée suite aux attaques, sur fonds de bataille anticipé pour le contrôle de Dakar, de Cissé Lô contre son rival de Yoff, le ministre de santé Abdoulaye Diouf Sarr sur sa gestion de la crise sanitaire de la Covid-19. Cette fois-ci, c’est Farba Ngom qui est allé au charbon pour recadrer l’intrépide premier vice-président de l’Assemblée nationale.
 
Macky, impuissant ou complice ?
 
Dans les rangs du parti au pouvoir, les coups se donnent et se reçoivent sous le regard impuissant ou complice du chef qui n’arrive plus à tenir en laisse ses hommes qui ne ratent jamais une occasion de s’étriper. Ce silence du président de l’Apr, Macky Sall, pousse d’ailleurs à se questionner sur son leadership dans les instances du parti qui ressemble plus à une armée mexicaine, où chacun agit et réagit selon ses intérêts du moment, qu’à une organisation politique où seules les idées s’empoignent.
 
L’apr a habitué les Sénégalais à ses querelles intestines, cette foire d’insanités et d’affrontements d’une violence inouïe en 8 ans de pouvoir, avec, en toile de fonds, une guerre de positionnements et des intérêts crypto-personnels. En effet, les trois volubiles francs-tireurs ne sont pas les seuls à s’illustrer de la sorte dans la mouvance présidentielle. D’autres soldent leurs comptes personnels et politiques avec des armes non conventionnelles.
 
Cheikh Oumar Hann vs Abdoulaye Daouda Diallo
 
Si ce ne sont pas les responsables qui se donnent en spectacle publiquement et honteusement, ce sont les seconds couteaux qu’on active pour une guerre par procuration. Ce fut le cas entre les deux responsables de l’Apr de Ndioum, Abdoulaye Daouda Diallo et Cheikh Oumar Hann. Leurs divergences ont éclatées lors de la cérémonie officielle de la Ziarra de Nianga Eddy édition 2018 (14 avril 2018).
 
Les jets de chaises et de projectiles entres les partisans des deux responsables avaient mis fin à la cérémonie religieuse. Le maire de Ndioum, Cheikh Oumar Hann s’en était sortie avec des blessures causées par des éclats de grenades. Cette guéguerre entre responsables de l’Apr a éclaté devant des dignitaires de la famille omarienne, Thierno Madani Tall et Thierno Mamadou Gaye, qui ont failli faire les frais de cette folie des Apristes.
 
Le palais, en champ de bataille
 
Un peu plus d’un mois après l’incident de la Ziarra, le 30 mai 2018, c’est le palais de la République qui a été transformé en arène par les militants du mouvement des élèves et étudiants républicains (Meer) et ceux de la convergence des jeunesses républicaines (Cojer). En effet, le président avait accordé une audience à 52 représentants des élèves et étudiants du Meer mais des membres de la Cojer se sont pointés au rendez-vous.
 
Bloqués, ils s’en sont pris violemment à leurs frères de partis. D’autres ont tenté d’escalader les grilles du palais pour prendre part à l’audience, invités ou pas. Plusieurs arrestations s’en sont suivis mais aucunes sanctions n’a été retenues contre ces jeunes.
 
La liste des responsables et militants qui se regardent en chiens de faïences est loin d’être exhaustive. Ils risquent d’en découdre si l’Apriste en chef continue à s’emmurer dans son silence complice.  Mais avec l”exclusion de Moustapha  Cisse Lo , il semble enfin disposer à siffler la fin de la recréation. 
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